mardi 12 novembre 2013

Mais qu'allait-il donc faire dans cette galère ?

Roooh le sale intello, il cite Molière dans son titre de blog !

N'empêche que toi qui lit cet article, tu n'es ni le premier ni le dernier à te poser la question de pourquoi, oui POURQUOI il part en novembre pour deux mois en Suède ou il fait froid-nuit-pluie tout le temps !

Réponse imminente !

C'est une longue histoire de moi et le feu, moi et mes mains, moi et mes amours, moi et mes rêves, moi et moi ...

Chapitre UN : moi et le feu

J'ai TOUJOURS aimé le feu. Ma mère vous le dirait, vous le dira si elle trouve comment laisser un commentaire après l'article.

Je n'emploie pas souvent le mot toujours mais il s'impose là comme une évidence tant la mythologie familiale regorge d'anecdote à ce sujet !

D'abord c'est de famille, voire d'origine ! Oui parce que j'ai des origines moi ! 

Mon père que je ne nommerais pas ici, jouait enfant avec des soldats en plastique. 
Tout petit déjà, c'était un fin historien et probablement pacifiste, et il voulu reproduire les bombardements au napalm perpétrés au cambodge mais contre les soldats occidentaux.
Tout ça pour dire qu'il a mis le feu à un soldat en plastique et que, ne sachant comment l'éteindre il l'a jeté dans le vide-ordure de l'immeuble provoquant les catastrophes et conséquences que l'on imagine pour l'immeuble, pour mon père et pour le soldat.



Ma fille a craqué sa première allumette lorsque nous commémorions les deux dans de sa naissance, évidemment dans mon dos. J'ai entendu ce bruit caractéristique et me retournant j'ai constaté la prouesse.



Chez les pieds noirs, on dit que si tu joues avec le feu, tu fais pipi au lit (je ne vais pas m'étendre sur la question...). La sagesse millénaire de cette culture m’étonnera toujours. 

Quant moi, je n'ai cessé des années durant de jouer avec le feu et les flammes comme on joue aux playmobils (oups publicité placée, j’attends le chèque de l'entreprise). Les souvenirs de feux sont sans doutes ce que j'ai en plus grandes quantité dans ma poche à souvenir d'enfance. 

Ces énormes souches que nous faisions brûler des jours et des jours pour en venir à bout, 

ces meules de foin incendiées (mais nous c'était pas de la délinquance ! qu'on se le dise c'était gratuit, simple destruction du bien d'autrui et comme on avait des prénoms comme Simon, Nicolas, Bruno, Arnaud ou Jérôme il ne venait à l'idée de personne de se dire que tous ceux qui portaient nos prénoms et/ou nous ressemblaient allaient probablement faire les mêmes exactions.... enfin autre époque autre mœurs. ), 

cette ruine de van que nous avions aménagée et que nous chauffions avec des caisses en fer pleine de braises (dans le respect des normes incendies évidemment !),

ces bougies par dizaines qui se sont consumées bien plus vite qu'elles n'auraient dûes par ma faute (un véritable bougicide !),

ces pipes que j'ai fumées jusqu'à macher du goudron...

Et maintenant la forge ! Oui, parce que je suis en suède pour m'initier à la forge. 

C'était un vieux rêve comme il en traîne dans toutes les têtes. Dans la mienne il y a, sans priorité et sans soucis d'exhaustivité :  
élever des chèvres, 
m'engager dans un conflit révolutionnaire armé, 
devenir député, 
avoir 7 enfants, 
me muscler le dos, 
reprendre des études, 
vivre ailleurs, 
vivre ici, 
voler, 
voler, 
goûter tous les fromages de France, 
vivre une expérience homosexuel, 
retourner en argentine, 
danser et faire de la musique, 
manger vraiment beaucoup de sushis, 
avoir une yourte, 
écrire un livre, 
acheter assez de champagne pour en avoir jusqu'à la fin de mes jours, 
ne plus exercer d'activité salariée, 
traverser l'atlantique à la voile, 
ne plus prendre l'avion...

Certains certaines laissent traîner ou filer leur rêves ou, se persuadent que certains rêves n'ont pas lieux d'être, ou plus lieu d'être passé un certain âge, ou une fois atteinte certaines situations, ou bien encore se laissent envahir par le quotidien qui occulte nos envies et parfois nos besoins fondamentaux.

Mais, il y a deux ans maintenant, quand mon plus petit frère a fini par mourir de sa foliésie (cf Le pornithorynque est-il illustré ?), j'ai peu à peu pris conscience que non seulement j'étais passé à côté de certaine choses (lui bien sûr, mais pas seulement) et surtout, et c'est plus grave, que ce n'était pas pour consacrer mon énergie et mon temps à des activités que je vivais pleinement et dans lesquels je me réalisais.



Depuis j'ai réduit mon activité salarié, j'ai fabriqué une yourte puis j'ai emménagé à l'intérieur, j'ai refait du voilier (pensée émue pour Roland à 4000 kilomètres d'ici) et pour poursuivre je viens passer six semaines en suède pour m'initier à la forge.

Je ne dis pas que je n'ai rien fait avant cela d'épanouissant, je ne dis pas que je ferai tout, je ne dis pas que tout le monde devrait laisser la terre tourner et se consacrer à ses rêves. Je dis juste que moi, en ce moment quand je réfléchis à mes choix je penche bien profond dans mon sac à rêves et je regarde s'il n'y en a pas un que je peux sortir...

Allez, vous ne vous êtes pas tapé tout ce blabla simili-existentiel pour ne même pas voir de photos de la forge :
ça c'est notre salle de classe, c'est sans doute la plus petite de l'école mais sans doute aussi celle qui à le plus de cachet ! Notre forge construction traditionnelle en rondins !

 Ma production du premier jour de forge, ce magnifique porte-manteau. Mais les observateurs et observatrices perspicaces que vous êtes ne manqueront pas de faire remarquer qu'on ne peut pas le fixer dans toutes les surfaces !
 Quand on sort de la forge on est intégralement couvert de poussière noire sale, et même rempli... on se mouche noir, on crache noir on laisse des traînées noires dans le réfectoire (sans référence au débat sur la prostitution).
 Mes productions des jours suivants : au fond vous remarquerez des portemanteaux beaucoup plus faciles à fixer dans n'importe quelle surface, et évidemment des clous !
 Mon premier bougeoir.
 Nos dix petites pinces.
 Nos dix petits marteaux.
 Nos dix petites enclumes.
On se croiraient dans blanche-neige sauf qu'on est pas sept nains mais dix étudiant-e-s et que la princesse est un beau cinquantenaire aux cheveux longs qui s'appelle Lars.
 Le plan d'aloevera en cas d'accident !
 Et l'indispensable matière première (en fait il y en a deux !) :le charbon.


Pour celles et ceux qui lisent depuis le début ET jusqu'au bout, ça a eu l'air de s'organiser à un moment avec un CHAPITRE 1 et tout et tout... et bien je crains que ce ne soit qu'une illusion tout va continuer à venir dans n'importe quel ordre et dans la confusion la plus totale.

bises noires.
Simon

3 commentaires:

  1. Bienvenue dans la bulle malungienne! Bise, Anne

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  2. Moi j'aime bien tes épanchements simili-existentiels, et dans ton sac à rêves, il y en a de très jolis (je vote pour les chèvres, à condition que l'aventure se finisse en fromages et en yaourts!).
    Bises
    Clo

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  3. ah ben enfin on en sais plus ! :)

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